L’auteur et l’éditeur chez L’ivre-Book

En cette période troublée (?) où les auteurs se plaignent de ne pas gagner leur vie (considérés parfois par leurs éditeurs comme des vaches à lait) et où les petits éditeurs ont du mal à faire leur place (considérés parfois par les auteurs comme des amateurs), je voulais essayer de résumer les relations matérielles que j’entretiens avec mes auteurs ; les relations personnelles ou d’amitié ne regardent qu’eux et moi.

Nous signons ensemble un « contrat d’édition numérique » car L’ivre-Book est un éditeur numérique.

Ce contrat est d’une période de 2 ans tacitement renouvelable, période durant laquelle je demande l’exclusivité sur les droits d’exploitation numériques. Une reddition des comptes est faîtes tous les 6 mois (je sais que je suis toujours en retard).

Comment se répartit le prix du livre numérique chez L’ivre-Book ? Plusieurs cas de figure :

Lorsque le livre est vendu sur les librairies numériques traditionnelles (Amazon, FNAC, Kobo, Google, Immateriel, etc.), les pourcentages sont ceux-ci (je parle bien sûr en pourcentage du prix HT du livre et non pas en pourcentage de recette comme certains) :

  • Auteur : 20% de droits + 10% pour l’AGESSA (environ) que je règle moi-même sans les déduire de leurs droits.
  • Editeur : 30% avec lesquels je règle les correcteurs, les illustrateurs, etc. et je me règle s’il me reste de l’argent (puisque je ne fais pas payer les corrections aux auteurs, bien entendu).
  • Ditributeur + libraire : 40%.

Lorsque le livre est vendu sur la boutique de L’ivre-Book :

  • Auteur : 40% + 10% pour l’AGESSA
  • Editeur : 50%

Lorsque le livre est consulté sur des sites de lecture en streaming, là le pourcentage est exprimé par rapport à la somme que me verse ces sites :

  • Auteur : 50% + 10% pour l’AGESSA
  • Editeur : 40%

Actuellement, nos livres se vendent (sur une période de 6 mois) entre 5 et plus de 2000 exemplaires.

Est-ce que je paye mes auteurs pour participer à des salons ? Non. Généralement, lors des salons où je suis présent, L’ivre-Book prend en charge la nourriture et la boisson (un gros poste parfois).

Est-ce que l’éditeur s’occupe seul de toute la promo ? Non. L’ivre-Book communique sur les réseaux sociaux, sur des blogs, sur des forums et parfois sur des articles de journaux. Je demande aux auteurs d’au moins parler et communiquer eux-mêmes sur leur ouvrage.

Est-ce que L’ivre-Book fait tout pour que ses livres se vendent ? Oui.

Est-ce que mes auteurs gagnent leur vie chez moi ? Non, mais j’aimerais bien.

Voilà ce que je pouvais vous dire sur les relations matérielles et contractuelles me liant à mes auteurs.

Mon métier d’éditeur n’est pas qu’une question d’argent, vous vous en doutez, c’est surtout une passion et une magnifique prise de pied. Passion d’éditer des textes que j’aime, passion de côtoyer des auteurs pour qui j’ai le plus grand respect et une profonde amitié ; et chance d’avoir une épouse compréhensive qui croit en moi.

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3 commentaires pour L’auteur et l’éditeur chez L’ivre-Book

  1. quintard dit :

    je suis contente d’avoir acheté directement par votre site alors et non par kobo, j’ai hésité ayant une liseuse kobo bien cordialement

  2. Article très intéressant, qui donne plus envie d’acheter directement au maison d’édition plutôt que sur les plateformes style amazon.
    Merci d’éclairer les lecteurs sur cette partie qui nous est habituellement inconnue.

  3. Bravo pour cette transparence !
    J’achète de plus en plus de numérique, même si je préfère le papier. J’avais déjà le réflexe, pour les livres sortis chez des « petits » éditeurs, d’acheter beaucoup en salon, directement à l’éditeur. Pour le numérique, passer pas le site de l’éditeur est une évidence. D’autant que quand on a une liseuse « libre » non affilié à un site web comme amazon, on est déjà habitué à faire son marché virtuel en restant indépendant.
    Avec le papier, faire vivre un libraire indépendant a toujours été mon choix. Avec le numérique, je n’ai aucune envie donner mon argent à une multinationale qui ne paye pas d’impôt en France. Alors, autant venir directement à la source, chez l’éditeur.

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