Piet Legay

(Cet article est issu du blog Les Lectures de l’Oncle Paul)

Né en novembre 1939, Baudouin Chailley (son vrai nom) possède un goût immodéré des voyages, ce qui l’a fait surnommer “ le mal assis ”. Sa première expédition importante a été le passage clandestin de la ligne de démarcation sur les épaules de sa mère. En 1948 il atterrit à bord d’un vieux Junker à Gao et passe deux ans dans les boucles du Niger. Ensuite il vit à Niamey (Niger), Fort-Lamy (Tchad) ou encore Dakar (Sénégal). A quinze ans il a déjà traversé le Hoggar, assisté à la construction d’une piste transsaharienne, failli mourir de soif sur celle

baudouin chailley

de Bidon V et il chasse seul dans la brousse. C’est vers cette époque qu’il éprouve un violent besoin d’écrire. Le retour en France lui fait ressentir comme une aliénation de la liberté. Plus de Jeep, de pirogue, de chasse. A la place des versions latines et des devoirs de maths. L’année du bac, il “ gribouille ” son premier livre personnel, et destiné à le rester. Il découvre la chute libre puis c’est le service militaire. Il pense pouvoir enfin courir les océans en étant dans l’infanterie de marine. Mais bien qu’instructeur commando, il ne connaît que l’Algérie.

L’assistance technique lui permet de découvrir la Martinique, la Guadeloupe et il passe deux ans en Guyane où le besoin d’écrire le tenaille toujours. Son premier manuscrit est accepté au Fleuve Noir. De retour de Guyane il entre dans un organisme officiel de renseignement.

Après un bref passage à l’Arabesque en 1965 pour un roman coécrit avec HenryFnAnt1520 Trémesaigues (Boum sur Khartoum) sous le pseudonyme de H.B. Treilley, il entre au Fleuve Noir en 1966 et fournit des romans dans les collections l’Aventurier, Feu ou Anticipation sous les noms de Piet Legay et Guy Lespig puis plus tard pour la collection Secret Défense sous son véritable patronyme de Baudouin Chailley. Après l’arrêt de la collection Feu du Fleuve Noir il signe pour la collection Guerre des éditions du Gerfaut sous les pseudonymes de Baldwin Wolf, Igor Ivanov ou Guy Jacquelin, revenant au Fleuve Noir dans la collection Anticipation, enchainant les titres conjointement pour ces deux éditeurs. Pour l’éditeur écrivain Henri Trémesaigues, dans les années 1977/1978, il va signer des ouvrages sous l’alias de Pat Marcy chez Promidifa et Baudelaire dans les collections War, ex Warsex et S.O.S ainsi que pour des romans isolés chez d’autres éditeurs ou des collections spécifiques.

FnAnt1558Mais il a signé aussi, sous des pseudonymes plus américanisés : aux Presses Noires espionnage deux romans publiés sous le nom de Henry Lewis en 1967 et 1968, Chassé-croisé au Caire et Piège au Caire, et chez André Martel dans la collection le Crabe espionnage sous le pseudo de H.B. Perkins : Requins entre eux. Chassé-croisé au Caire sera réédité toujours sous le nom de Henry Lewis aux éditions Transworld Publications dans la collection la Cible noire puis dans la collection Le Jaguar rouge chez France Sud Publications (des maisons d’édition créées par Trémesaigues) tandis que Les requins entre eux sera réédité dans la collection espionnage de la série Roman Noirs Franco Américains sous le pseudo de H.T. Perkins puis sous le nom de Duke Grant aux Presses d’Outre-mer sous le titre Pas de fleurs pour l’espion. Aux éditions Bastille il signera sous le nom de B. Hilley Les marrons du feu en 1974. La nébuleuse Trémesaigues mérite un coup de projecteur puisque Baudouin Chailley a bien connu cet éditeur écrivain et déclare : Vous me parler d’un Trémesaigues qui dit avoir dirigé les éditions de l’Arabesque. Méfiez-vous : ce Trémesaigues là je le connais parfaitement ayant écrit mon tout premier roman avec lui. Boum sur Khartoum. En fait il n’était rien à l’Arabesque mais cherchait à se créer un pool de jeunes auteurs qui écrivaient les romans dont il ne faisait que le scénario. 50% chacun pour les droits naturellement. J’ai démarré avec lui, j’ai écrit neuf romans dont 8 ont été « refusés » par l’Arabesque. Du moins suis-je assez naïf pour croire ce qu’il disait. C’est ainsi que des romanciers comme Roger Maury et Roger Vilatimo écriront pour Trémesaigues et seront publiés sous divers pseudonymes dans les collections et maisons d’éditions dirigées par Trémesaigues. Et les alias de Henry Lewis et H.T. Perkins fleuriront sous les différents labels dirigés par Trémesaigues. En 1994 sous le pseudonyme commun de Pierre Lucas il publie chez Vaugirard deux romans dans la série Police des Mœurs.

Mais il a également écrit deux gros romans sortant du format poche La nuit du squaleFnAnt1744-1990 dans la collection Grands Succès au Fleuve Noir en 1984 et Nouméa ville ouverte chez Stock en 1989. Il précise : Le problème avec le roman de poche et celui du Grand Roman est le suivant pour l’auteur : un roman de poche s’écrit en deux mois. Il est pris ou refusé. Le risque est donc limité. Le Grand Roman demande un travail d’un an, un an et demi sans aucune assurance qu’il plaise. Vous me direz le plaisir d’écrire est toujours le plaisir d’écrire…m’enfin si l’œuvre est publiée ce n’est pas plus mal non plus ! En cas d’échec c’est donc plus d’une année d’efforts de stérilisée. Voilà pourquoi je préférais le roman de poche.

Ses voyages et pérégrinations aventureuses et professionnelles lui ont offert matière à de très nombreux romans et l’écriture de romans de guerre provient d’expériences personnelles. Les thèmes de ses ouvrages ne sont pas le fruit de longues recherches, les idées venant spontanément à l’esprit, en élaborant d’abord l’intrigue et puisant dans une documentation accumulée au cours des années. Dans ses romans de guerre il préfère mettre l’accent sur les moments de crise par lesquels doivent passer les personnages afin de réaliser leur destin. Concernant ses romans fournit à la collection Anticipation il déclarait en 1980 pour la revue Fantascienza : Je ne me suis pas forgé de système d’écriture. Je pense qu’en fait un auteur honnête ne peut en aucun cas faire une sorte de cocktail en mélangeant un peu d’érotisme, un peu de violence, un peu de scientifique, le tout à la sauce action, nappé d’un peu de suspense et arrosé d’un zeste d’extra-terrestre.

Ses romans, particulièrement ceux édités au Fleuve Noir ont été abondamment réédités à l’étranger, en Belgique, au Brésil, en Italie, en Espagne, en Roumanie, en Suède, en Finlande…

11075772_1631827930371046_1104866478_nLe lecteur pourra consulter avec profit le site de Richard D. Nolane : Le monde du Fleuve Noir.

Depuis quelques années il revient en force aux éditions Rivière Blanche qui ont déjà publié : Ultime frontière, Radiations, Enigma, Le silence des abysses, L’énigme du Rorkal…

Les éditions L’ivre-Book sont fières de vous proposer la réédition du cycle des Dossiers Maudits, 14 romans publiés entre 1987 et 1992, tous indépendants et vous entraînant dans des aventures toutes plus débridées les unes que les autres.

 

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