Le livre numérique, parent peu fréquentable de la littérature ?

C’est en feuilletant les magazines, webzines ou fanzines littéraires que je cherchais en vain quelques articles, quelques chroniques sur des livres et des auteurs édités en numérique. Recherche qui n’aboutit jamais.

Il y a quelques mois, sur Facebook, quelqu’un annonçait la sortie d’un futur Stephen King en numérique et dans les commentaires, je vis apparaître ceci : « Il sera peut-être bien, quand même ».

Nous sommes donc arrivés au stade où nous jugeons de la qualité d’un auteur non pas sur ce qu’il écrit mais ce sur quoi il est publié. Mon Dieu ! « Pauvre France », comme dirait Jean Lefevre dans une pièce de théâtre qui n’a absolument rien à voir avec le livre.

Les lecteurs s’aperçoivent-ils du cheminement de leur raisonnement, ou bien sont-ils automatisés, façonnés, programmés pour suivre allégrement l’avis général d’une population qui ne sait pas toujours de quoi elle parle ?

« C’est pas chez, donc c’est nul ! » « Ah, c’est du numérique, je pourrais jamais le voir dans ma bibliothèque, (peu importe que je le lise ou pas) je veux le voir. » « C’est un auteur qui n’est pas édité en papier, donc c’est mauvais. » « Il a pas trouvé d’éditeur, ça doit pas être super. »

Sachez que, si certains éditeurs numériques appliquent des prix plus que raisonnables, c’est pour vous, lecteurs et seulement pour vous. Sachez qu’un éditeur numérique est un vrai éditeur qui choisit avec soin ses auteurs et qui fait le même travail que ceux en papier. L’auteur se donne les mêmes exigences, a le même soin apporté à son oeuvre et l’aime tout autant qu’en papier.

Lisez ce petit passage :

« Toute la personne de cette enfant, son allure, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l’autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte. La crainte était répandue sur elle ; elle en était pour ainsi dire couverte  ; la crainte ramenait ses coudes contre ses hanches, retirait ses talons sous ses jupes, lui faisait tenir le moins de place possible, ne lui laissait de souffle que le nécessaire, et était devenue ce qu’on pourrait appeler son habitude de corps, sans variation possible que d’augmenter. Il y avait au fond de sa prunelle un coin étonné où était la terreur.« 

Je vous promets que ce soit sur papier ou sur tablette, le passage sera écrit de la même manière.

Lisez cet autre :

« Ma vie n’a pas changé à ta naissance. Elle a changé lorsque ce signe positif s’est affiché sur le test de grossesse, elle a changé lorsque les analyses de mon sang ont confirmé mon état, ta venue. Pendant des mois, tout mon amour, toutes mes pensées et toute mon énergie étaient dirigées vers toi. Mon fils.
Le jour où le médecin a diagnostiqué ta trisomie, mes yeux se sont remplis de larmes, mon cœur s’est brisé comme du verre. J’ai eu peur. Tellement peur. Pas un moment je n’ai cessé de t’aimer, pas un instant je n’ai cessé de penser à toi. Mais j’ai eu peur pour toi. Comment grandirais-tu ? Est-ce que tes petits camarades à la maternelle seraient gentils avec toi ? Comment pourrais-je t’aider à avancer dans la vie ?
Aujourd’hui, j’ai ces réponses. Tu es grand, maintenant, tu veux être indépendant. Ce n’est pas facile tous les jours, tu pleures parfois. Ils ont peur de ceux qui ne leur ressemblent pas, ils ne font pas d’efforts. Ils te disent que tu es différent, ne te donnent aucune chance de t’exprimer. Ils te regardent comme un enfant sans te laisser la chance de leur montrer que tu es plus que ta différence. Même à quarante ans, pour eux, tu seras toujours un enfant. Ils croient que tu ne pourras rien accomplir, ignorent ce que tu vaux. Ils te disent beaucoup de choses, elles ne sont pas toutes agréables. Tu as mal, tu ne comprends pas pourquoi on est aussi dur envers toi. N’es-tu pas comme les autres ? T’aurions-nous menti ?
Non.
Tu es un enfant, certes, mais mon enfant à moi. Ce qu’ils ne savent pas, mon fils, c’est que tu es un homme comme tous les autres, avec des rêves, des projets, des réalisations. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que tu peux tout faire. Tu peux aller loin. Et tu iras loin. Je ne laisserai personne te rabaisser, te faire croire que tu n’es pas capable. Les obstacles se trouvent dans leur esprit étroit. Non dans le tien. Tu as le monde à tes pieds. Le ciel est ta limite.
Tu seras qui tu voudras, mon fils. »

Je ne vous dirai pas quel en est l’auteur, je veux juste vous montrer que c’est écrit en français (je pense), que les mots sont dessinés de la même manière que sur du papier et que parfois aussi votre coeur peut être serré par ce qu’il lit sur un écran.

Voilà, c’était juste quelques réflexions que je me faisais et que je voulais partager.

 

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7 commentaires pour Le livre numérique, parent peu fréquentable de la littérature ?

  1. Bonjour !
    Je suis une lectrice assidue qui a mis un peu de temps avant de se mettre au livre numérique. Mais je voudrais vous dire que je suis entièrement d’accord avec vous ^^ On m’a un jour proposé un partenariat numérique et le livre que j’ai lu m’a bouleversée au-delà de ce que j’aurais cru. Rien à voir avec le format, simplement le talent de l’auteur ^^. Aujourd’hui ce livre (pourtant numérique) occupe le podium de mes livres préférés et il ne risque pas d’en bouger avant un moment n’en déplaise à certains ouvrages papiers pourtant très bons 😉

    Continuez à promouvoir le format numérique, moi je continuerais de vous suivre 😀 !!

  2. A reblogué ceci sur Gaëlle Dupilleet a ajouté:
    Petit coup de gueule des éditions L’Ivre-Book, que je partage avec plaisir avec vous.

  3. imaginariuswebzine dit :

    A reblogué ceci sur L'Imaginariuset a ajouté:
    Petit coup de gueule des éditions L’Ivre-Book, que je partage avec plaisir avec vous.

  4. Escrocgriffe dit :

    De toute façon, une oeuvre comme « Silo » prouve bien qu’un ebook peut devenir un best-seller international, peu importe le format !

  5. Lucie Demme dit :

    l’ebook est de toute facon l’annevir de l’édition et de la litérrature qu’on le veuille ou non. Meme si certains font de la résistance 🙂

  6. Dominique dit :

    Parfaitement d’accord avec ton avis. L’important, c’est le livre, pas le support. A noter que tu devrais pouvoir trouver des chroniques sur des ebooks chez les blogueurs (j’ai des noms, j’ai des noms !)

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